vendredi 16 septembre 2011

LIVRES : «Barroco tropical» de José Eduardo Agualusa


Barroco tropical 
Auteur : José Eduardo Agualusa
Éditions Métailié, Paris
Bibliothèque portugaise
Titre original : Barroco tropical
Traduit du portugais (Angola) par Geneviève Leibrich


« Nous avons de l'or, du cuivre, des minerais rares,
des forêts à exploiter et de l'eau en quantité. 
Nous mourons de faim, du paludisme, du choléra,
de diarrhée, de la maladie du sommeil, 
de virus venus du futur, pour certains,
et, pour d'autres, d'un passé sans nom. »


UNE INTRIGUE D'ENFER

Une femme tombe du ciel et s’écrase sur la route devant Bartolomeu au moment où éclate une tempête tropicale et où sa maîtresse lui annonce qu’elle le quitte. Il décide de percer ce mystère alors que tout change autour de lui, il découvre que la morte, mannequin et ex-miss, avait fréquenté le lit d’hommes politiques et d’entrepreneurs, devenant ainsi gênante pour certains, et il comprend qu’il sera la prochaine victime.

Il croise les chemins d’une chanteuse à succès, d’un trafiquant d’armes ambassadeur auprès du Vatican devenu unique propriétaire de toutes les sociétés de téléphone et Internet, d’un guérisseur ambitieux, d’un ex-démineur aveugle, d’un dandy nain, d’une prêtresse du candomblé adepte du mariage, d’un jeune peintre autiste, d’un ange noir ou de son ombre. Il explore la ville de Luanda en 2020, métaphore de la société angolaise où les traditions ancestrales cohabitent difficilement avec une modernité mal assimilée. Il s’enfonce dans la Termitière, gratte-ciel inachevé mais déjà en ruine où les riches vivent dans les étages tandis que les pauvres et les truands occupent les sous-sols. Il nous montre une ville en convulsion où l’insolite est toujours présent et intimement mêlé au prosaïque et au quotidien, où la réalité tend à être beaucoup plus invraisemblable que la fiction.

Dans une prose magnifique cet amoureux des mots définit son pays comme une culture de l’excès, que ce soit dans la façon de s’amuser ou dans la façon de manifester ses sentiments ou sa souffrance.



Le monde des mensonges organisés 
La conspiration et les excès d'événements, la dérive et la torpeur, trahison ou tradition, tribalisme ou esclavage, étiques ou drogues, hypercontrôle et asservissement, la mort, la tyrannie de l'amour et l'abyme...

Des vérités toutes crues pourtant incensées se déroulent dans ce roman qui ressemblent déjà à des vérités d'aujourd'hui.

Un écrivain-cinéaste cherchant des cas inédits et une mannequin-chanteuse aux prises avec son entourage de gens l'ayant aidée à sortir de l'ombre ou d'individus peu regardants. Des soirées politico-mondaines. Les sentiments qui lient ou les différences qui empêchent de s'aimer et d'être ensemble. Autour d'eux, des gens qui prennent part ou qui survivent au désastre social, dans les très hautes sphères autant que dans les pires bas-fonds.

Une sonnerie intéressante pour son portable et un nom très adéquat pour les SMS.

Les anges noirs survolent autant les très riches que les très pauvres.


En folle dérive
L'auteur présente d'abord comme au théâtre un nombre restreint de personnages qu'il fait revenir au moment où on croit les avoir oubliés. C'est un roman affolant et fascinant qui dépicte l'incroyable dérive des uns et des autres, qu'elle leur fasse connaître des jours lumineux ou aussi noirs que les plumes de cet ange mythique dont tout le monde parle mais que personne n'a vu.


LA PLUME
Si vous pensiez que la saudade de Mia Coutto était décoiffante, attendez de lire celle-là ! C'est la vraie vie telle qu'elle est pratiquement déjà, avec ses maîtres fourbes en positions de pouvoir. Mais tout est dans la manière de raconter tout en douceur cette folie, à l'aide de vocabulaire choisi, en mots charmants additionnés ici et là d'oxymores éloquents et d'analyses de racines autant ethniques que linguistiques ; très observateur des situations horribles qu'il crée, l'auteur a par aileurs tiré un certain nombre parmi les faits réels, selon les Éclaircissements et remerciements des deux dernières pages.

Un livre dont il ne faut pas manquer une seule ligne et qu'on a envie de relire sitôt terminé, qui nous transporte en Afrique (Angola, Congo, Afrique du Sud, région bantoue...), en Amérique (le Brésil) et dans quelques pays européens, surtout au Portugal.


L'AUTEUR

José Eduardo Agualusa est né en 1960 à Huambo, en Angola. Journaliste au Publico il vit entre Lisbonne, Rio et Luanda.

Après des études d’agronomie et de sylviculture, il s’est très vite engagé dans l’écriture et le journalisme. Il a commencé sa carrière d’écrivain en 1989 avec son premier roman A Conjura. Il ouvre ainsi le chemin d'une nouvelle génération d'auteurs africains et revitalise la langue portugaise en s’emparant de l’histoire coloniale.

Il est l’auteur de nombreux romans, poèmes, reportages et nouvelles, tous couronnés de succès et traduits en allemand, bengali, anglais, espagnol, italien, danois et catalan.

Il a reçu en 2007 The Independent Foreign Fiction Prize.
Nominé pour le Prix international de littérature de la Maison des cultures du monde de Berlin 2011.


EXTRAITS

« C'est comme vivre dans une maison infestée de scorpions et devoir leur donner des baisers au lieu de les écraser. » (p. 27)

« Nous avons de l'or, du cuivre, des minerais rares, des forêts à exploiter et de l'eau en quantité. Nous mourons de faim, du paludisme, du choléra, de diarrhée, de la maladie du sommeil, de virus venus du futur, pour certains, et, pour d'autres, d'un passé sans nom. » (p. 78)

« Ça m'a toujous étonnée, deux personnes si semblables physiquement et avec un esprit tellement différent. » (p. 107)

« Leur sourire, c'est comme un travesti comparé à une femme. Ça fait beaucoup d'effet, c'est sûr, mais ce n'est pas un sourire. » (p. 167)

« Son mari l'avait flanquée à la porte et l'avait remplacée par deux filles de quatorze ans. » (p. 172)


Barroco tropical de José Eduardo Agualusa est disponible en librairie ou en ligne chez Métailié depuis le 1er septembre.


Éditions Métailié, Paris

Légers Arrangements avec la Vérité

L’Accordeur de silences


Livres, musique, CD, DVD






Retrouvez ServicesMontreal.com dans les réseaux sociaux :

J'aime http://www.facebook.com/pages/Montreal-QC/ServicesMontrealcom/114332028613026

Jacqueline Mallette sur Facebook

Van valise non troppo sur MySpace

Montreal157 sur Twitter

Montreal157 sur YouTube



Montréal


Articles sur Montréal et le Québec en français


Quoi faire à Montréal


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Enregistrer un commentaire