lundi 7 novembre 2011

CINÉMANIA : «Ma part du gâteau» de Cédric Klapisch... et le mouvement des Indignés !


Quand on voit l'excellent nouveau film du réalisateur de L'Auberge espagnole et des Poupées russes, on sait maintenant que tous ces méchants de la très haute finance tordue se jouant du petit peuple seraient sans exception de pendables hétéros durs et froids qui se balancent de tout, de par au-delà et au-dessus du fil de fer où ils vivent dans l'hyperluxe. Mais qui pourrait bien avoir intérêt - conscienmment ou inconsciemment, à croire ou à faire croire cela ? Hein ???

Cédric Klapisch, qui était à Montréal pour présenter son plus récent long métrage et que le public a chaudement applaudi le faisant se sentir comme une rock star, avoue qu'il en a retranché les escort(e)s trop drogués et les personnages trop... trop.

Dans cette conception cinématographique épurée du monde de la finance et des PDG, conception qui rejoint le mouvement mondial des Indignés, il reste un trader star (Gilles Lellouche) et ses collègues de la société haute-voltige qu'il pourrait bientôt diriger (quand c'est pour mal faire... il fera tout pour ça !), tous ces hommes usant de tout leur savoir pointu et de leur équilibrisme sans oublier leur goût du jeu pour démolir des sociétés chez eux qui autrement auraient pu durer encore longtemps fournissant boulot et vie à des centaines voire des milliers de travailleurs. Il reste aussi UNE alter ego trader star en tous points semblables travaillant chez un concurrent dont il est amoureux mais qu'il a perdue faute de l'avoir trompée avec une putain Russe qui dit-il n'avait aucune importance mais son incommensurable ego lui interdit de s'en excuser. Il reste aussi quelques PDG inqualifiables parmi lesquels il retrouve celle qu'il aime accompagnant l'un d'entre eux. Et bien sûr, il reste le parfait et impeccable traiteur star homo et sa petite armée de serveuses toutes aussi parfaites tant et aussi longtemps que le star trader n'y introduit pas sa femme de ménage toujours prête à compenser le malheur de sa perte d'emploi pour nourrir ses trois filles laissées en province.

Et puis il reste toute une population qui à Dunkerque qui comme partout ailleurs subit quotidiennement les conséquences de leurs petits jeux de dégringolade financière et fermeture d'usines qui les amuse tant. Et c'est de là que sortira sa femme de ménage éclectique (Karin Viard) qui en peu de temps deviendra infiniment présente et essentielle jusqu'au pari gagné qui la mettra hors d'elle, déjà qu'il...

Le petit et moyen peuple
On retrouve l'aisance cinématographique de Clapisch dans ce film décryptant un milieu qu'il semble observer de l'extérieur et qui par sa façon de dénoncer certains excès virant à l'escroquerie finit par faire grand plaisir à ce qu'on pourrait appeler le PMP, le petit et moyen peuple qui est toujours celui qui en a marre et se trouve aujourd'hui globalement indigné de toujours subir les conséquences des inconscients milliardaires. C'est plus qu'une confrontation des classes sociales.

LE RÉALISATEUR
Cédric Klapisch, titulaire d'une maîtrise de cinéma à Paris et d'un Master of fine arts à l'Université de New York, commence par réaliser des courts métrages et s’attaque en 1991 à un premier long métrage : Riens du tout. Il réalise ensuite Le péril jeune (1995), où apparaît Romain Duris, qui deviendra son acteur fétiche. Romain Duris travaillera à nouveau avec le réalisateur sur Chacun cherche son chat (1996). La même année, Cédric Klapisch réalise Un air de famille, qui remporte le César du Meilleur scénario. Pour son projet suivant, Peut-être, Cédric Klapisch peine à trouver un financement. Il arrive à boucler le tournage qui réunit Jean-Paul Belmondo et son complice Romain Duris. En 2002, il réalise L’auberge espagnole qui devient un grand succès populaire et enchaîne avec le tournage de Ni pour ni contre (bien au contraire). En 2005, il donne une suite à L’auberge espagnole, intitulée Les poupées russes, un autre grand succès. Trois ans plus tard, Cédric Klapisch s'illustre dans un registre plus dramatique, avec Paris. Deux ans après avoir consacré un court documentaire à la danseuse étoile Aurélie Dupont en 2009, le cinéaste réunit une nouvelle fois Karin Viard et Gilles Lellouche le temps de cette nouvelle comédie dramatique, Ma part du gâteau.

À l'affiche dès vendredi
Présenté au festival CINÉMANIA, Ma part du gâteau prendra l’affiche au Québec le vendredi 11 novembre 2011.


Suggestion de lecture : Des héros ordinaires

PEUPLE : Campement des Indignés à Montréal

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